Les décennies d'un peintre "zappeur"

Toute ma vie j'ai zappé. Après de zappeuses études secondaires, j'ai zappé des Beaux-Arts en sculpture, aux Arts Déco en archi, pour finir à l'atelier d'essai des décorateurs maquettistes de théâtre.
Ensuite j'ai zappé en alternance de la peinture à la scénographie et à la publicité. C'est cette dernière activité qui m'a pris le plus clair de mon temps. Ma "zappinglerie" s'est étendue à beaucoup d'autres domaines: arguments et décors de ballets, graphisme, design, décoration, édition, journalisme.
Dès lors la poésie et la peinture sont venues en contrepoint de ces activités, dévorant le peu de temps qui me restait, ce qui explique la minceur de ma production picturale d'avant 1990.
En peinture, comme en témoignent les exemples qui suivent, j'ai aussi beaucoup zappé dans ma manière de m'exprimer, passant de l'abstrait à l'expressionnisme, du figuratif à l'hyperréalité subjective, avec toutefois une constante dans le concept. car si j'attache peu d'importance au genre, mon approche sur mes contemporains est toujours la même : contestation et consternation, d'où ma propension à favoriser le sensuellement vrai que certaines femmes portent en elles, qui n'est autre que la beauté. Cette constante, avec ses dérives érotiques, ne doit pas occulter cet autre aspect de mon oeuvre en relation avec des événements vécus ou ressentis, comme cette série de tableaux sur le Liban de l'immédiate après guerre ou celui du 11 sept. 2001, en hommage au martyre d'une ville que j'aime pour l'avoir bien connue.
Ce regard que je porte sur notre monde, avec parfois une pointe d'ironie, c'est ce regard vu d'ailleurs qui caractérise l'ensemble de mon oeuvre.
Alors que j'ai toujours zappé avec succès dans les nombreuses disciplines abordées, mes peintures sont restées, comme des enfants adultérins, à l'écart du landerneau des arts plastiques.
La seule exposition personnelle, organisée dans une galerie de la rue de Seine à Paris, n'aura été qu'une sympathique réunion d'amis, qui faute de communication a laissé sans écho les trompettes de la renommée.
Cette volonté de discrétion trouve son épilogue dans ce site, qui restitue le parcours d'un artiste peintre zappeur qui, aujourd'hui, zappe son existence de Paris en Luberon.

Claude Chaize

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